Canada

Nouvelle Ecosse - Terre Neuve

Récit de voyage

   

 

CARNET DE ROUTE NAVIGATION

PHOTOS NOUVELLE-ECOSSE

PHOTOS TERRE-NEUVE

 

La Nouvelle Ecosse

            Nous attendons 24 heures avant d’avoir une météo à peu près correcte pour quitter Bar Harbor et traverser la Baie de Fundy pour  nous rendre à Halifax. Nous couvrons les 265 miles en 2 jours et 8 heures, les premières 26 heures entièrement au moteur dans le brouillard sur une mer d’huile, et le reste avec un vent variable plutôt faible, mais portant. A notre arrivée à Halifax, les douaniers ne sont pas longs pour venir à bord, contrôle sympa, mais professionnel. Ils ont même vérifié le livre de bord pour savoir exactement d’où l’on venait… 

            Le quai public est maintenant payant, à un dollar le pied, c’est un peu cher, surtout sans aucun service. Heureusement le dock-master est sympa, il ne nous a vu que deux jours et estime que le bateau fait 30 pieds….

            Nous restons 4 jours à Halifax. Nous sommes justes au moment du festival multiculturel, sorte de grande kermesse qui réunit toutes les communautés qui peuplent le Canada.  Nous recevons aussi la visite – attendue – de Tam qui nous livre un chauffage commandé au Canada et que nous avions fait livrer chez lui. C’est l’ami d’une amie, il ne nous connaît pas, pourtant il n’a pas hésité à faire une journée de voiture pour nous apporter notre colis.

            A coté de nous, vient se ranger un magnifique voilier de course, TOP 50. Gréé en ketch, il fait plus de 15 mètres. Il s’est arrêté ici pour embarquer son équipage avant de rentrer à Saint- Malo. Aller faire un tour sur son site web, et si le cœur vous en dit, vous pourrez naviguer hight-tech et tout apprendre de la course au large. www.luccoquelin.com . Et tout cela dans la bonne humeur car Luc le skipper et sa compagne Chantal sont super sympas.

            Lundi 24 juin, départ pour Sheet Harbor à 60 miles de là. Les prévisions météo ne sont pas trop mauvaises. Nous partons quand même dans le brouillard pour finir sous deux ris. La trinquette explose sur une rafale de vent. Ca change vite le temps ici ! La journée du lendemain sera partagée entre réparation et balade à terre. Il fait froid. L’eau de mer est à 6° et dans le bateau il fait tout au plus 15°. 

            Mercredi 25 juin, en route pour Tor Bay, à la pointe sud-est du comté de Guysborough, juste avant l’île de Cape Breton. Pour une fois nous aurons une journée cool, soleil et vent arrière. C’est juste en arrivant que le vent annoncé se met à souffler, nous empêchant de rentrer dans le petit port de pêche de Larrys River. Nous mouillons 60 mètres de chaîne. Ce sera pour demain.

            Au réveil, nous sommes de nouveau dans le brouillard. Nous n’y voyons pas à 20 mètres. Il n’est pas prudent d’aller à terre en annexe, car nous pourrions avoir des difficultés à retrouver le bateau, nous sommes quand même à plus de 500 mètres de l’entrée. Heureusement vers midi, le brouillard devient moins dense, alors armé d’un compas de relèvement au cas ou, on part en expédition reconnaître les lieux. Le Harbour master nous confirme qu’il y a suffisamment d’eau pour nous, si nous suivons bien le chenal. Ce sont les branchages plantés au milieu du port qui délimitent le chenal !!!!!

            Une heure plus tard, nous sommes amarrés le long du vieux quai en bois, bien à l’abri, près à attendre le passage d’un nouveau front assez violent qui nous arrive dessus. Notre chatte Grisouille aussi est contente. Le bateau à  peine amarré, elle est déjà partie renifler le matou !

            La récompense de naviguer dans ces coins là, ce sont les rencontres, la gentillesse des gens. A la petite épicerie située à 100 mètres du quai, nous demandons où se trouve la Public Library pour accéder à Internet. On nous annonce qu’ici il n’y a rien et qu’il faut aller à Guysborough à 25 km de là. Trop loin et trop « montagneux » pour y aller en vélo, nous demandons s’il y a un bus, non… Alors gentiment la dame de l’épicerie se propose de nous prêter sa voiture. Elle est pas belle la vie ?

            Brouillard, vent, pluie, nous attendons une amélioration pour partir directement vers Saint-Pierre et Miquelon à 240 miles d’ici. Nous devons aller à Luisbourg, mais ce petit port est tellement sympa, que nous allons y rester un peu, de toute façon la météo est pourrie….

            Il faut quand même avancer.  Samedi 29 juin, les cartes météo nous promettent une petite amélioration. Il fait gris, il y a toujours des bancs de brouillard et le vent est pour l’instant absent. On y va. Nous quittons Larrys River vers 9 heures du matin, au moteur comme d’habitude, dans un environnement gris, froid et lisse. Il n’y a pas un souffle. Tout doucement pourtant, le vent se lève …. De face !!! Trop léger pour mettre à la voile, nous avons essayé et au mieux nous allons au 120° pour une route au 60°, tout ça à 3 nœuds. Nous passons à moins de 3 miles d’un petit mouillage sympa ou il serait raisonnable d’attendre la renverse de vent promise par la météo. Nous hésitons… Mais nous sommes en route, nous continuons.

            Vers 8 heures du soir, sous une pluie battante, le vent force, ça tombe bien car le moteur vient de désamorcer,  il refuse de fonctionner à l’eau, vraisemblablement mélangée au gas-oil acheter à Bar Harbor. Nous mettons à la voile. Nous sommes à 30° de la route, nous avançons à 4, puis 5 et même plus de 6 nœuds, super ! La  pluie et le vent se renforcent. Je prends un ris, ½ génois et mets en place la trinquette. Ca continue à forcer. 2 ris, et j’enlève encore du génois. Nous avons un très bon angle par rapport au clapot et Mérovée marche du feu de dieu (peut-être veut-il rattraper TOP 5O), nous frisons les 7 nœuds dans un confort acceptable. Dommage qu’il fasse si froid et qu’il pleuve autant, c’est démoralisant. Nicole prend son quart vers 2 heures du matin. Avant d’aller me coucher, je décide de purger mon circuit gas-oil et de changer les filtres, on ne sait jamais, je n’aime pas rester sans moteur. Bien m’en prend, car à 5 heures du matin, le vent est tombé, nous nous traînons à 2 nœuds. C’est reparti au moteur, et nous sommes obligés de le garder jusqu’à Saint-Pierre. Compensation : le temps est plus agréable. Hormis quelques bancs de brouillard que nous traversons rapidement, le ciel se dégage. 

ESCALE A SAINT-PIERRE ET MIQUELON

Terre-Neuve

Nous rentrons dans Ship-Cove à Burin, Terre-Neuve, sur la cote Est de la péninsule du même nom. ( Adresse du Port de Ship Cove à Burin : harb-authority-burin@lycos.com )

Un œil sur le radar, un sur la carte électronique et l’autre sur le sondeur !!!!!!! Et c’est reparti pour une partie gratuite de jeu vidéo. C’est pas qu’on aime, mais à force on s’habitue. Faut faire gaffe quand même. J'ai pas envie de voir "GAME OVER" sur l'écran du radar.... Au fond du fjord, il semble y avoir une place le long du quai public. Un pêcheur nous fait signe de nous y mettre. Il nous prend nos amarres et nous aide à accoster. On peut rester là le temps qu’on veut. Nicole ne perd pas son temps ; 5 minutes à peine après notre arrivée, elle revient avec 2 kilos de filet de morue fraîche, le cadeau de bienvenue. Vous savez, c’est ce que les Parisiens appelle cabillot (poisson carré avec les yeux dans les coins et roulé dans la sciure). Les filets frais, ça a quand même une autre allure et un autre goût. Pochés dans l’eau des patates (1 minute suffit à la fin de la cuisson des patates) et mangés avec une noix de beurre salé… Un délice.

Il commence bien ce séjour à Terre-Neuve.

Nous décidons de louer une voiture pour trois jours. Nous avons envie de rentrer un peu dans les terres, et de découvrir un peu mieux Terre-Neuve. (www.gov.nf.ca/tourism/) Nous montons jusqu’à Twillingate, à 500 kilomètres de Burin. Cette région est constituée d’îles et de presqu’îles. C’est magnifique. Surtout, nous avons la chance d’avoir retrouvé le soleil. Ca faisait longtemps ! Du haut d’un point de vue, nous apercevons notre premier iceberg. Il est géant. Nous décidons de nous offrir une balade à bord d’une vedette pour nous en approcher. La première compagnie nous dit que c’est trop loin et qu’ils ne sortent pas. La seconde accepte sans problème. Sans doute ont-ils un bateau plus performant ? Pourtant à le voir, ça ne semble pas être le cas. Nous voilà donc partis. Au sortir de la baie, la vedette garde une route proche de la cote. Bizarre ! La route pour l’iceberg est à plus de 50 degrés de là. Nous apercevons, sur le bord de la rive une forme blanche au ras de l’eau…. Je vais alors demander au capitaine si c’est « ça » qu’il compte nous montrer. Il dit que oui ! La moutarde nous monte au nez, nous rentrons à l’intérieur de la vedette en lui signalant qu’il y a tromperie, qu’on devait aller voir l’iceberg et non ce petit « ice-cube ». Nicole est folle de rage. Au retour elle va trouver le manager, et revient peu de temps après avec ses sous. Non mais !

Le lendemain nous redescendons vers Terra-Nova National Park en longeant la côte nord-est de Terre-Neuve. Nous ne désespérons pas de voir des icebergs. Et c’est ce qui va arriver. A Greenspond, nous en voyons un beau au large.  Nicole va voir les pêcheurs et demande comment on pourrait…. Une demi-heure plus tard, nous voguons sur une petite plate de 6 mètres vers le fameux iceberg.  Un gamin en vacances, fils de pêcheur nous y conduit.  On tourne autour, on vide caméra et appareil photos, on mange de la glace…. Ce n’est pas un monstre mais quand même, il en impose. Que c’est beau !

Le lendemain nous allons marcher dans le parc. Nous ferons trois petites randonnées histoire de s’ouvrir l’appétit. Dans la forêt il y a des ours, des orignaux, des caribous et plein d’autres petites bestioles. Enfin, il paraît. Nous on n’a rien vu !

Nous sommes de retour au bateau dans la soirée, heureux et surtout admiratifs devant la beauté de ces paysages. Nous avons été chanceux, le soleil ne nous a pratiquement pas quitté. Il a même fait chaud. Dès qu’on quitte la mer toujours entre 6° et 8°, l’air se réchauffe. Demain matin c’est vendredi. On ne part pas un vendredi !

Samedi 13 juillet, il est 11 heures du matin. Soleil, il fait grand beau. Les pêcheurs sont tous sur le quai pour nous voir partir. On doit être le premier voilier de passage cette année. Ils en ont 4 ou 5 par ans !, Le vent est dans le bon sens, sud-sud-ouest, Mérovée, tout dessus file à plus de 6 nœuds, ça fait longtemps. Direction Fermeuse sur la côte est de Terre-Neuve. Nous avons 120 miles à faire, nous y serons demain matin. On passe la journée à faire de la voile. Le vent force, on prend un ris, il baisse et on remet tout. On va jouer à ça trois fois de suite. La mer est belle, nous sommes bien appuyés sur bâbord, la navigation est agréable, personne n’est malade.

Mais toute bonne chose à une fin. Vers 3 heures du matin, baoum ! le vent est tombé….. Il nous reste 40 miles pour Fermeuse, ce n’est pas trop grave : 75% de la route à la voile, on ne va pas pleurer !

La fin de la nuit est dans le brouillard. Mais juste en entrant dans le fjord de Fermeuse, il disparaît presque complètement pour nous permettre de profiter du spectacle. La côte nous apparaît alors au travers de petits filet de brume. Dans le soleil encore bas, c’est féerique.

Nous nous mettons à couple d’un bateau de pêche. Un pêcheur du coin nous souhaite la bienvenue. Ca fait du bien d’être accueilli comme un marin. Pêcheur ou plaisancier, ils ne font pas la différence. On navigue tous sur la même mer, et dans le coin, elle n’est pas trop sympa.

Ce qui est sympa par contre c’est la patronne de la coopérative des pêcheurs. Nous sommes allés la voir pour « acheter » du poisson… Nous sommes repartis avec – cadeau – 3 kilos de pattes de crabe royal, 2 kilos de sole, 3 kilos de lotte et  2 kilos de merlan salé et au moins 4 kilos de morue fraîche. Si nous n’avions pas crié stop, on remplissait le bateau, et c’était « just for the dinner ». Les gens d’ici, de Terre-Neuve, de Saint-Pierre, de Nouvelle-Écosse, ils ont dans le cœur la chaleur que leur refuse leur pays. C’est pas tout à fait vrai, car eux ils ont chaud…..

16 juillet:. Départ de Fermeuse en auto stop. A quatre ce n’est pas forcement évident. Ici pas de problème, nous aurons même rendez-vous avec notre chauffeur pour qu’il nous reprenne le soir, et nous reconduise au bateau. L’étonnant fut l’accueil au bureau de tourisme. Après la classique distribution de prospectus et autre dépliant vantant les sites à visiter à Saint John, le directeur d’une compagnie de taxi présent dans le bureau à ce moment, nous appelle un de ses taxis pour nous conduire gratuitement à un site remarquable. Pendant ce temps là, une autre dame nous offrait un CD de musique locale. La journée commençait bien. Elle s’est poursuivie de la même manière.

Le lendemain, notre amie Gloria, de la coopérative des pêcheurs, venait nous chercher pour aller voir les caribous et les orignaux (moose en anglais). Deux heures de voiture pour aller jusqu’au Cap Race et Trepassey au sud de la région.

Rassurés par la facilité et l’efficacité de l’auto stop ici, nous décidons de retourner faire un tour à Saint-John. Nous sommes pris presque immédiatement par Jim, un industriel du coin. Voyage confortable en Cadillac, et restau le midi… invités bien sûr ! Le soir après avoir quand même eu un peu de mal à s’extraire de la ville, c’est une charmante jeune et jolie jeune fille qui nous entassait tous les quatre dans sa Ford Mustang… J’ai eu beau dire qu’elle s’était arrêtée parce qu’elle  m’avait vu, les enfants ont soutenu qu’au contraire, c’est parce  qu’elle ne m’avait pas vu !!!!

Vendredi 19, nous sommes invités à dîner chez gloria. La fête continue.

Ce matin, samedi 20, le vent est d’est faible, il y a du brouillard, alors on attend demain. Et puis, on a un peu de brouillard dans le crâne aussi….

Arthur : vous connaissez ? C’est la dernière nouveauté du coin. Une tempête extra-tropicale ! Elle nous arrive dessus, prévue pour dans deux jours, 50 nœuds moyen. Dire qu’on a passé 13 ans sous les tropiques sans s’en prendre une….

Le weather-fax tourne à fond. Les cartes ne sont pas fameuses. Nous avons prévu de descendre rapidement retrouver le 45ème parallèle pour ensuite faire de l’Ouest en suivant la bordure nord de l’anticyclone des acores. Technique, hein ? Faut bien faire le fier maintenant car plus-tard…. ?????

Notre escale de Terre Neuve, c’est la cerise sur le gâteau de notre tour du monde. Nous avons vu plein de choses merveilleuses. Nous avons rencontré des gens fabuleux, dans tous les pays traversés. Mais jamais, au grand jamais une telle gentillesse, une telle serviabilité de l’ensemble d’une population. Que nous puissions sympathiser avec les gens avec lesquels nous prenons le temps de discuter, OK. Mais ici, c’est tout le monde. Pour un renseignement demandé, on ne se contentera pas d’une vague explication, on vous guidera, on téléphonera pour vous, voir mieux, on vous emmènera. Et cela partout, sans exception. Alors amis voileux qui êtes dans le coin en ce moment, réfléchissez, Terre neuve vaut vraiment le détour, même si le climat n’est pas idéal. Et pour ceux qui ne savent pas ou passer leurs vacances d’été, pourquoi pas Terre Neuve. Dans les terres, on se promène en short et T-shirt sans problème. Ce n’est que sur l’eau qu’il fait frais. ( www.gov.nf.ca/tourism/ )

 

 

Le canada il y a 12 ans