Sainte-Hélène

Récit de voyage

   

 

LES PHOTOS

 

28 novembre 2001 - 15  décembre 2001

 

Mercredi 26 décembre 2001

Mérovée tire doucement sur sa chaîne, nous sommes au mouillage devant Jamestown, capitale de Sainte Hélène. Le mouillage est très rouleur, et c’est temps mieux. Nous avons eu tellement de mal à nous amariner en quittant Lüderitz qu’au moins comme ça nous resterons en forme…

Notre traversée a été rapide. 10 jours pour 1350 miles : c’est bien pour Mérovée. Nous avons eu bon vent. 25 à 30 nœuds pendant les 4 premiers jours, et ensuite entre 15 et 20 nœuds constants. Nous nous attendions à moins. La surprise est venue du ciel. Toute la traversée sous un ciel gris, bas, avec de temps en temps de la pluie fine. La température, même si elle est plus douce que le long de la cote ouest de l’Afrique, n’est pas encore extraordinaire. 25° sous les tropiques en plein été, ce n'est pas terrible ! Et en plus depuis que nous sommes ici il « pleuviote » continuellement. Mais comment font les Anglais pour toujours se fourrer dans les coins ou le temps est pourri ?

Évènement à bord, nous avons fêté notre premier (et dernier ?) Noël en mer, avec le sapin illuminé, le repas de réveillon et les cadeaux dans les chaussons… Voilà un Noël qui restera gravé dans nos mémoires pour longtemps.

Nous allons passer le réveillon de fin d’année ici, c’est trop sympa !

Imaginez : Nous sommes arrivés hier 25 décembre à 11h00. A 11h30 les formalités étaient faites, et à 12h30 nous étions au restaurant « Chez Anne », invités comme les trois autres voiliers du mouillage à partager le repas de Noël. Il y avait même des petits cadeaux pour les enfants. Incroyable.

Nous quitterons Sainte-Hélène le 3 janvier. Avant de partir, nous voulons aller faire une visite à Longwood, chez Napoléon. Comme le musée est fermé jusqu’au 2 pour cause de vacances… Faut bien attendre !

Les marches du port de Sainte-Hélène, et sa houle. Terrible ! Je me souviens des récits de tourdumondistes que j’avais lu avant de partir avec Mérovée. Tous faisaient allusion aux débarquements folkloriques, voir désastreux sur  cette petite île perdue au milieu de l’Atlantique sud. La baie de Jamestown est sous le vent de Sainte-Hélène, bien à l’abri des vents dominants de sud-est, mais pratiquement tous les jours la houle tourne autour de l’île et rend le mouillage extrêmement rouleur. Les instructions nautiques précisent que cette persistance de houle n’a pas d’explication rationnelle.  Avantage, nous restons amarinés. Inconvénient, il faut constamment garder un œil sur tout ce qui pourrait rouler, déraper ou glisser à bord ; exemple la bouteille de rouge sur la table du carré pendant les repas, et je n’exagère pas. Certain jour nous sommes même descendu à terre pour que les enfants puissent faire leur travail scolaire dans de bonnes conditions….

Cette houle ne se contente pas de perturber le mouillage. L’arrivée à terre est …. étonnante. Depuis 1997, un quai à été aménagé pour faciliter les débarquements. Placé dans une zone un peu moins exposée, ce petit quai d’une dizaine de mètres de long est constitué de différents niveaux. A vous de choisir le bon niveau en fonction de la hauteur de la marée et de l’amplitude de la houle. Au-dessus de la bordure du quai, un portique maintient des cordes, style cordes à grimper, que l’on saisie à l’apogée de la houle, pour aider à se propulser sur le quai. Sportif, mais efficace. Nous l’avons testé avec une houle assez impressionnante et cela n’a pas trop posé de problème. Personne n’est tomber à l’eau !

Nous avons vu l’ancien débarcadère : Là, les mauvais jours il fallait certainement du courage et de l’expérience pour s’en tirer sans éclaboussure….

  Sainte-Hélène, c’est une atmosphère. Pas question de croiser quelqu’un sans le saluer. La majorité de la population est métissée. Jamestown est la capitale de l’île. Notre première incursion dans cette cité à lieu le jour de Noël. Tout est calme, silencieux. Pas une voiture ne circule dans les rues. Nous pouvons à loisirs apprécier le charme des petites maisons qui bordent les rues en pente de Jamestown. Elles sont de toutes les couleurs, vertes, bleues, brunes ou jaunes. Des fleurs poussent partout, sur les appuis de fenêtres, sur les balcons, sur les escaliers. C’est très agréable, et ce calme nous convient très bien après dix jours de mer.

Je ne reviens pas sur notre repas de Noël, chez Anne, au Ann’s bar sur Ann’s Place. Une institution incontournable à Jamestown. Nous avons passé plus d’une heure à feuilleter son « guest-book » paraphé par tous les bateaux déjà passés à Sainte-Hélène. Nous y avons retrouvé la trace de plusieurs bateaux que nous avions croisé il y a longtemps.

 

Nous  sommes  cinq  bateaux de voyage au mouillage. Deux viennent de Lüderitz en Namibie, un catamaran tout neuf fabriqué en Afrique du Sud est en convoyage pour le boat-Show de Miami, et notre ami « Le Rebelle » est là depuis deux jours… Nous avons décidé de rester ici pour le réveillon de fin d’année. Nos projets initiaux étaient de réveillonner au Brésil, mais notre détour par la Namibie ne l’a pas permis.

Nous avons une semaine à passer ici avant cet événement. Nous en profiterons pour nous balader sur l’île. Nous grimperons au sommet  à 823 mètres d’altitude, et nous redescendrons à pied jusqu'à la mer. Rajoutez à cela l’ascension des 700 marches qui relient Jamestown ‘d’en bas’ avec Jamestown ‘d’en haut’ Et vous imaginerez sans peine dans quel état nous nous traînions les jours suivants. Ramollis par la traversée depuis l’Afrique, nous avions les mollets en béton….

 

Au travers de nos rencontres nous apprendrons que presque 75% de la population est fonctionnaire… Il n’y a pas beaucoup d’autres moyens de vivre ici. Pour qu’un habitant de Sainte-Hélène, pourtant citoyen britannique se rende en Angleterre, il lui faut une autorisation, ils n’osent pas dire visa… Bientôt un aéroport à Sainte-Hélène ? On en parle, début des travaux en 2004 et mise en service en 2007. Certains disent que ce sera la mort de l’île. Un exemple pour comprendre la vie ici : au petit super marché de Jamestown, comme dans tous les super-marchés, il faut laisser son sac ou ses achats à l’entrée. Ici, pas de consigne, une simple table suffit, ou tout le monde dépose ses affaires pêle-mêle. Il n’y a jamais de vol.

 

Juste avant de partir, nous irons visiter la maison où Napoléon a été retenu prisonnier de 1817 jusqu’à sa mort en 1821. Parfaitement entretenue, cette maison, devenue maintenant un musée à la mémoire de l’empereur, témoigne d’une partie de notre histoire. C’est avec beaucoup d’émotion et de respect que nous avons parcouru ces lieux. Se souvenir du drame qui c’est joué là, que : « Napoléon est mort à Sainte-Hélène…….. ».  Il faut souligner que les Saint-Hélènois sont extrêmement respectueux de la mémoire de Napoléon. Une rue de Jamestown lui est  consacrée, et la poste de Sainte-Hélène a émis plusieurs timbres à son effigie.

 

31 décembre 2001. Apéritif au champagne et dîner de gala à bord du Rebelle, et  nous voilà tous partis pour le bar-dancing de Jamestown situé sur le front de mer. La majorité des habitants sont là pour faire la fête. Les familles au complet sont descendues, avec les enfants et les grands-parents. Nous passons une excellente soirée dans une ambiance joyeuse, très familiale et bon-enfant.  A deux heures du matin, l’établissement ferme. Règlement-règlement, même pour le nouvel an, ici on ne plaisante pas avec les horaires… Nous terminerons la nuit sur un catamaran Sud-Africain. Le skipper qui convoie ce bateau neuf pour le boat-show de Miami craignait, lors de ses rares moments de lucidité, de voir un verre de vin ou de bière se renverser sur les beaux coussins tout neufs du carré. Le lendemain matin, nous l’avons revu juste avant son départ pour les USA, et il était tout sourire…. On a donc du être sage….

 

3 janvier 2002. Il est 8h00, c’est le départ pour le Brésil. Le Rebelle quitte Sainte-Hélène en même temps que nous. Pour nous donner un peu d’avance, Lionel s’amuse avec une vieille ancre à jas d’au moins 200 kilos, prise dans son mouillage. Il jouera avec pendant presque trois heures…. Ce qui ne l’empêchera pas de nous rattraper avant la nuit.  

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Carnet de route - Navigation

Peu de choses à dire sur LE mouillage de Sainte-Hélène. Il est conseillé de passer par le Nord-est de l'île pour rejoindre Jamestown. Le vent nous a suivi pratiquement jusqu'au mouillage.

La houle contourne l'île, ce qui compte tenu de la forme de la baie est étonnant. Les instructions nautiques prévoient pour décembre et janvier une moyenne de 3 à 4 jours de houle.... Nous en avons eu 10....

Nous avons mouillé par 25 mètres de fond, assez loin du quai. De toute façon ça roule partout. On peu s'approcher de la cote, mais on risque de crocher l'ancre dans des épaves au fond le l'eau. 

L'arrivée à terre est maintenant facilitée par le nouveau débarcadère. Il vaut mieux mettre sous plastique les appareils photos et autres objets de valeur. On ne sait jamais.

Douanes, immigration: 22 livres pour le bateau plus 11 livres par passeport! total 66 livres quelque soit la durée du séjour. La valeur de la livre de Sainte-Hélène est la même que celle de Grande-Bretagne. 

Courrier: Il quitte Jamestown par bateau pour continuer par avion au départ d'Ascension ou de Cape Town. Donc en moins d'une quinzaine  de jours vos lettres arrivent à destination.  Moins cher mais beaucoup plus lent, le bateau jusqu'en Grande Bretagne, comptez 3 mois....

e-mail: Technologie satellite oblige, du haut débit. Jamais je n'avais utilisé de connexions aussi rapides. 

Approvisionnement: Cher, très cher même. Mais bon, on est au bout de monde. Pour les légumes frais qui descendent des plaines, ne tergiversez pas. Achetez dès que vous les voyez, car le lendemain tout aura disparu. Eau sur le quai, on "bidonne". Gas-oil et gaz dans la ville.