Les U.S.A.

Récit de voyage

 

 

CARNET DE ROUTE NAVIGATION

LES PHOTOS

 

L’Intracoastal WaterWay

                 Il est 6 heures du matin lorsque nous arrivons devant Fort Lauderdale. La nuit a été tranquille, mais le léger vent de Nord-Est a été suffisant pour rendre le Gulf Stream « choppy » comme disent les Américains. Nous voici donc de retour dans la Venise Américaine 12 ans après notre premier passage.  Peu de changements géographiques, l’apparence de la ville est la même si ce n’est que beaucoup de ponts ouvrants ont laissé place à des ouvrages fixes de 65 pieds de tirant d’air. La circulation automobile ne peut s’en porter que mieux.

                Nous nous arrêtons à la première marina à l’entrée de Fort Lauderdale pour téléphoner aux douanes. C’est comme ça que l’on fait ici. Après plus d’une heure de vains essais pour obtenir le service, j’ai enfin un interlocuteur qui tente de m’expliquer ce que je dois faire et où je dois me rendre. Petite parenthèse, pour vous expliquer une particularité de l’Américain. Il pense que tout le monde parle l’anglais, et surtout que tout le monde comprend son accent !!!!! Ben voyons. Je leur coupe alors la parole et me mets à parler très vite en Français ( remarquez, lentement ce serait pareil pour eux) Les yeux du cow-boy s’agrandissent, interloqué. Je lui exprime alors , en Anglais, ma surprise qu’il ne comprenne pas ma langue, et que ce faisant, comme moi je fais un effort pour parler la sienne, qu’il fasse lui un effort pour parler plus doucement. Des fois ça marche, mais souvent ils sont pris dans leur élan et c’est reparti de plus belle…..  Revenons à nos douaniers. Je dois me rendre avec mes papiers dans un bureau à l’autre bout de la ville. Trente minutes de taxi et nous sommes sur place. Nous réussissons à obtenir 3 mois de visas sous l’œil suspicieux du fonctionnaire de service. Quand on sait que les Français arrivant ici en avion n’ont pas besoin de visa et obtiennent pratiquement d’office les 3 mois de séjour, il y a de quoi être en colère. Ensuite le "crusing permit" à 20 US$ chez les douaniers et nous sommes libres. Enfin presque, car il faudrait téléphoner au bureau des douanes de chacune de nos haltes sur le territoire des USA.  Ben voyons, compte là-dessus !

                Il est midi, nous sommes libres.  Retour au bateau. Nous filons immédiatement vers le pont de Las Olas Boulevard où nous savons qu’il y a un mouillage gratuit. Le mouillage existe toujours, mais n’est plus gratuit. La ville de fort Lauderdale a créé une marina municipale juste à coté et a récupéré  le mouillage en y installant des bouées à 20$ la nuit. Une place au ponton pour nous reviendrait à 80$ par jour. 

                Nous retrouvons le  Flea-Market (marché aux puces)sur Sunrise Boulevard. Toujours beaucoup d’animation, des attractions, un cirque, pleins de choses à voir, à faire et …..à acheter ! Nous repartons avec 4 vélos superbes pour 20$ pièce.  Ici impossible de circuler à pied. Tout est trop loin de tout. Les vélos sont un moyen sympa de se promener et  surtout très pratique.  Nous louerons quand même une voiture pour descendre à Key West. Nous adorons l’ambiance de cette petite ville au bout du bout de la Floride. Les enfants ne s’en souvenaient plus et ont beaucoup apprécié cette virée. Nous avons déambulé dans les rues nous arrêtant au gré de nos envies pour écouter des orchestres de country music, de jazz et aussi de musique Irlandaise ( ??) . A la tombée du jour il faut absolument  se rendre sur le front de mer ou de nombreux saltimbanques présentent leur numéro. Nous y verrons équilibristes, magiciens, jongleurs, dresseurs, et une superbe reprise du numéro de Harry Oudini, le roi de l’évasion.  Une fois le soleil couché, que les Américains ne manquent jamais d’applaudir, nous terminerons notre périple à Key-West dans un excellent restaurant Cubain.

                De la même manière que le retour en France par les USA a été voulu par les enfants, la remontée de la cote Est par l’Intracoastal Waterway (ICW) a été votée par l’ensemble de l’équipage. 1000 status miles (1607 kilomètres) de voie navigable le long de la cote. Nous allons faire beaucoup de moteur mais cela nous permet de jeter un coup d’œil sympa sur les paysages de cette côte. A 10 kilomètres à l’heure, on a le temps d’en voir des choses. Et puis, pas de problème de météo (enfin presque, vous verrez plus loin), la « mer » , car c’est de l’eau salée, toujours plate, bref, c’est le grand calme. Les enfants apprécient un peu moins car ces journées de navigation fluviale sont très propices au travail scolaire. 

                Sur l’ICW, le bateau est roi. Beaucoup de ponts enjambent l’ICW. Il faut alors demander leur ouverture par VHF (canal 9ou 13). Celle ci est pratiquement immédiate. Pour avoir été du coté de l’automobiliste, je peux vous assurer que les attentes pour laisser passer un voilier sont assez exaspérantes. Par contre, vu du cockpit d’un voilier c’est assez jouissif….. Pôvres automobilistes, pour une fois le bateau est roi. Précisons quand même que depuis notre dernier passage en 90, beaucoup de ponts basculants ou tournants ont été remplacés par des ouvrages dont le tirant d’air est de 65 pieds. C’est plus pratique pour tout le monde. 

                Cette voie navigable  a été mise en service pendant la dernière guerre afin de prévenir un éventuel blocus des Etats Unis. Depuis, elle continue d’être entretenue pour le plus grand bonheur des plaisanciers. Des accès naturels à la mer existent tous les 60 ou 70 miles. L’eau est propre, on observe une quantité impressionnante d’oiseaux, dont la vedette incontestée est le pélican. Nous croisons beaucoup de dauphins, et j’ai même vu une raie sauter au-dessus de l’eau.

                Pour éviter de barrer toute la journée, nous utilisons le pilote électrique. Surveillance permanente, mais en jouant avec le +1 et le –1 du pilote c’est beaucoup moins pesant et largement assez précis. Pour éviter de trop grosses dépenses, nous préférons mouiller le soir. Nous trouvons toujours un petit coin en dehors du chenal pour « ranger » le bateau pour la nuit, voir pour quelques jours si nous décidons de prolonger notre visite à terre. Nous nous plaçons alors le plus près possible d’une rampe d’accès public pour les remorques de petit bateau à moteur, où il y a toujours un  petit ponton pour accrocher l’annexe.

                C’est ce que nous faisons à Melbourne Beach, où nous resterons 4 jours qui nous permettent de retrouver de merveilleux amis que nous avions rencontrés en 90 à Titusville. Joe était à l’époque manager de la marina où nous étions restés 6 mois. Son épouse Marie-Laure est Française, ils ont deux enfants Jonathan et Christelle. Ils nous ont reçu comme des rois, nous avions l’impression de les avoir quittés de la veille. Merci à eux pour leur gentillesse. 

                Il y a des jours ou rien ne va. Imaginez : Nous sommes à Orlando, et nous prenons le métro. Catastrophe, nous sommes pris dans un  tremblement de terre, c’est l’horreur. Nous fuyons, mais une fois dehors nous affrontons une tornade. Las, nous décidons de reprendre un transport public, et la, de nouveau le drame : King Kong nous attaque....  Nous en sommes à une heure de voiture au départ de Melbourne par la US 192. dans les parcs d’attraction d'Orlando. Les trois de chez Disney, ceux d’Universal Studio, le grand parc aquatique Wet n’ Wild et d’autres dont j’ai oublié le nom.

                 Nous reprenons la route. Après deux belles journées de navigation nous nous arrêtons à Sainte Augustine, plus vieille ville des Etats Unis. Nous déambulons dans les rues, où successivement nous admirons la plus vieille école, le plus vieux drugstore, le plus vieux collège, le plus vieux musée, le plus vieux bar....  tout ça avec entrée payante et magasin de souvenir…. On aime ou on aime pas.  Mais c’est quand même sympa. Après une journée complète de tourisme, et quelques courses, nous quittons Sainte Augustine pour aller mouiller un peu à l’écart de la grande ville, en pleine campagne. Les moustiques et les taons sont un peu gênant, comme il n’y a pas de vent ils s’en donnent à cœur joie.  Le matin, les réveils sont fabuleux. Petite brume au raz de l’eau, nuages roses qui se reflètent dans l’eau sans une ride, quelques pélicans qui rasent la surface de l'eau à la recherche de nourriture… Dommage qu’il faille mettre le moteur et briser cette magie du petit matin. J’adore ces départs au petit jour. Nous sommes au nord de la Floride et il commence à faire frais, seulement   20° ce matin ! Brrrrr.

                L’entrée en Géorgie est difficile. Nous nous plantons 5 fois dans la vase. Nous avons traversé les méandres derrière Amelia Island à marée basse, et nous n’avions pas droit à l’erreur. Une fois nous avons même dû utiliser l’annexe et la puissance du 15 chevaux pour nous dégager.  Ca amuse beaucoup les enfants et surtout je dois subir leurs commentaires sur mes talents de navigateur…. Ben !!!!

                Les miles succèdent aux miles. Cela peut sembler bizarre aux accros de la voile, mais nous apprécions beaucoup cette navigation sur les canaux. Il y a toujours quelque chose à observer. La nature, les animaux …

                Le 12 mai, nous sommes à Charleston en Caroline du sud. Nous sillonnons la ville dans tous les sens avec nos vélos. C’est une vieille ville du sud,  avec de grandes maisons à colonnades. On s’attend à croiser Scarlet O’Hara à chaque coin de rue. Le 14 mai, nous sommes du côté de Georgetown en Caroline du sud. En général, je démarre le bateau au lever du jour. Tout le monde dort encore à bord, et si c’est toujours très agréable de naviguer sur une rivière au lever du jour. PAS CE MATIN ! Il fait 09° dehors et seulement 14° à l’intérieur. C’est la Sibérie. Du coup la mémoire me revient… Il paraît que cela arrive souvent en France…. Aie, Aie, Aie !!!!!! On sort les vestes de quart et les couettes pour la nuit. Ca promet !

                …/…

 Tempête sur le waterway :Cela pourrait-être le titre d’un roman. Simplement un petit contretemps qui nous confirme que nous ne sommes jamais tranquilles nulle part. Nous sommes sous voiles dans une partie assez large du waterway, juste avant l’Albermarle Sound. Le temps change et nous annonce un front froid.  Nous qui arrivons d’Afrique du Sud, aucun souci. Nous avons de l’expérience, et de plus, nous sommes dans une rivière….. Un pont à franchir nous oblige à ferler les voiles. Une fois de l'autre coté du pont, le ciel est tellement noir que je tarde à remettre les voiles. Bien m’en prend. Un coup de vent d’une violence  étonnante nous prend  à peine à un demi mile au vent du pont. Moteur plein gaz nous restons sur place. La visibilité est nulle. La pluie nous aveugle complètement. Comme nous sommes dans trois mètres d’eau, je décide de mouiller et d’attendre une accalmie. Cinquante mètres de chaîne et nous dérapons doucement à un nœud vers le pont. Faudrait  pas que ça dure trop longtemps. Au bout d’une demi-heure le vent commence à se calmer. Il reste un clapot d’environ 1 mètre qui gêne notre progression au moteur contre le vent. Enfin, vers 8 heures le soir nous arrivons à Elisabeth City. Nous décidons de faire une pose dans cette charmante petite ville. Elle est la seule à nous offrir 2 jours gratuits à la marina municipale, et le mardi , quelques habitants amoureux des bateaux offrent une « cheese party » aux voyageurs de passage. Ils ont créé une association qui accueille les bateaux de passage. Un autre Habitant de cette charmante localité viendra nous apporter un sac plein de ces délicieux crabes bleus. Un vrai régal.

                Nos aventures dans l’Intracoastal Waterway se terminent. Nous apprécions beaucoup cette ballade au rythme lent du bateau. Certains trouverons peut-être bizarre que nous appréciions de faire autant de moteur mais nous sommes beaucoup plus des voyageurs que des voileux. 

NEW-YORK

Jeudi 23 mai 2002.  5 heures et demi du matin, nous quittons Norfolk et les waterways pour New-York. 350 miles par l’océan. Finis les rivières et les canaux, vive la haute mer. Ca commence mal : pas un souffle de vent ! Nous nous engageons dans la baie de Chesapeake  au moteur, sur une mer d’huile. Nous faisons plus de la moitié de cette route au moteur, sans vent sous un ciel gris et froid. Seul un petit vent glacé du Nord nous permet de faire route au près…..

Mais, ce n’est pas parce que nous sommes au moteur que nous nous ennuyons. Au court de notre dernière nuit, a environ une vingtaine de mile de l’entrée de Sandy Hook, la grande baie juste avant New York, notre moteur nous a lâchés. Après plusieurs baisses de régime, il nous a laissé contemplatif, sur une mer d’huile, sans même de houle, et le GPS nous a retourné le couteau dans la plaie en nous apprenant que le courant nous faisait faire demi-tour !

Ce genre d'aventure sent l’arnaque au gas-oil à plein nez. Je me suis donc mis à la recherche de la panne, et j’ai remonté tout mon circuit gas-oil jusqu’au plongeur au fond de réservoir. Un dernier contrôle pour en avoir la certitude, c’est bien la pompe d’alimentation en carburant du moteur qui a rendu l’âme.

Nous avons continué la route avec la nourrice du hors bord remplie de gas-oil que j’ai placé en charge au-dessus du moteur et reliée directement a celui-ci. Impeccable, nous avons ainsi pu rejoindre New-York sans problème.

Nous retrouvons notre mouillage devant la 79ème rue sur l’Hudson River. Si la marina est toujours autant « broche à foin » comme disent les Québécois, il y a maintenant des bouées de mouillage sur plusieurs centaines de mètres, le long de la rive qui bord Manathan. A 15 dollars la nuit ou mieux 90 dollars pour la semaine, c’est très bien. Comme nous nous sentons un peu diminué avec ce moteur en convalescence, nous préférons prendre une bouée plutôt que de mouiller sur ancre. Avec plus de 3 nœuds de courant, le risque de dérapage est trop grand, et le temps de réinstaller mon réservoir en charge, on pourrait être dans une situation dangereuse. C’est donc confiant que nous partons, en vélos, arpenter les rues et les avenues de Manathan…….

Ah !  Oui ?

18 heures. Nous sommes de retour devant le mouillage. N… de D… Mérovée n’est plus là.  Il était entre la petite vedette blanche et le voilier à coque bleue. Mon cœur rate des battements. Nicole et les enfants sont atterrés. Mon regard tombe alors sur une bôme rouge qui dépasse du quai en bois à l’extérieur de la marina, on ne voit pas le haut de la timonerie, mais le radar dans le mat me confirme que c’est bien Mérovée. Mais qu’est-ce qu’il fout là ? Le patron de la marina arrive alors en nous expliquant qu’il a récupéré notre bateau dérivant au milieu du fleuve. La manille de la bouée a cassé, mes aussières sont intactes. Je le remercie sans oublier quand même de lui faire une remarque sur l’état de son matériel. Il s’en moque, car nous avons signé une décharge de responsabilité en arrivant…. Nous reprenons un mouillage en vérifiant bien son état cette fois. Nous n’aurons plus de problème, mais nous quittons le bateau tous les matins avec un peu d’inquiétude.

Et le tourisme dans tout ça? Nous n’avons pas arrêté. Du matin au soir nous avons sillonné New-York en vélo. C’est  un moyen fabuleux de visiter une aussi grande ville. En faisant attention, ce n’est pas  dangereux. Chose surprenante, nous étions pratiquement les seuls cyclistes à respecter les feux de signalisation. Tous les autres, et pas seulement les fameux coursiers de New-York, s’en moquent éperdument. De la 79ème rue nous mettions à peine une demi-heure pour arriver à Times-Square au cœur de Manathan. Nous avons flâné dans Greenwich Village, dans Little Italy, et bien sur dans Chinatown. Brooklyn Bridge vaut le détour, une piste cyclable est prévue en son centre. Nous avons une vue merveilleuse de Manathan. 

 Nous sommes montés à l’Empire State Building. Nous avions la chance d’avoir une visibilité remarquable, et ça vaut le coup. Un dimanche à Central Park: le must. On s’y promène à pied, en rollers, en vélos mais surtout pas en voiture. On écoute de la musique, il y a partout des orchestres ou des chanteurs de qualité. Des groupes répètent des pièces de théâtre ou apprennent la danse.  Plus loin, vous découvrirez une aire pour danseurs en rollers, un vrai spectacle. Et puis des milliers de gens allongés sur les pelouses magnifiques, à prendre les premiers bains de soleil de la saison. Tiens, une question : Comment ce fait-il que leurs pelouses ouvertes au public soient si belles, et les nôtres en France, interdites, soient  si moches ??????

 

LA COTE NORD-EST

 Lundi 3 juin 2002.

Nous quittons le mouillage de la 79ème.  Nous arriverons à New Rochelle distant de 25 miles 3 heures plus tard. Merci le courant. Notre ami Philippe nous accueille gentiment … Il nous aide à trouver un mécano qui nous changera notre pompe à gas-oil. Deux jours après c'est le départ pour Mystic Museum Seaport. Nous y arriverons  en deux jours. Le premier jour, un bon vent portant sous un magnifique soleil nous emmènera jusqu’à Port Jefferson sur Long Island. Le deuxième jour, c’est notre moteur tout frais réparé qui nous conduira à Mystic dans un brouillard à couper au couteau. Pas plus de 20 à 25 mètres de visibilité. Là encore nous avons apprécié la qualité et la précision des cartes électroniques, et avec le radar et le GPS, ça devient un jeu. Il faut juste faire attention de ne pas voir « Game Over » sur l’écran…..

Nous arrivons vers 6 heures du soir au fond de la rivière de Mystic. Et:  privilège des bateaux étrangers qui viennent visiter Mystic Museum Seaport, nous entrons gratuitement directement dans le port du musée, nous accostons à un ponton  avec eau et électricité, douches et machine à laver à disposition et comme nous sommes dans le musée, l’entrée est donc également gratuite !!!!!!! De toute façon, gratuit ou payant(us$17), il faut absolument visiter ce port musée, surtout si la mer et son histoire vous passionnent. En voiture, Mystic est à 3 heures à peine de New-York.

Le principe : C’est un port et son village reconstitués. Tous les commerces et ateliers de l’époque sont en activité. Vous y verrez tresser des cordages en chanvres, forger des ferrures pour les navires à voiles, tourner des pièces en bois pour les gréements. Vous pourrez vous restaurer dans une taverne de l’époque, visiter une imprimerie, une droguerie, un shipchandler, une voilerie, tout cela  parfaitement reconstitué. Et puis bien sur visiter les voiliers à quai. Un baleinier, un schooner, un navire école. La journée suffit pour tout voir, car à moins de vouloir payer les 150 dollars pour une nuit supplémentaire, il faut quitter Mystic Seaport Museum avant la dernière ouverture du pont à 19h15.

Nous allons mouiller à l’embouchure de Mystic River. Le lendemain matin nous lèverons l’ancre à 5 heures pour nous rendre à Cap Cod. Journée de m….  Pas de vent, ciel gris et courant contre, la totale. On se venge le lendemain matin en franchissant le canal courant portant à plus de 10 nœuds. Il vaut mieux ne pas se tromper dans les horaires de marées… Nous traversons la baie devant Boston avec une météo moyenne. Alternance de soleil et nuages bas et gris, alternance de vent et de pétole.  Avantage, la mer est plate et c’est bien pour reprendre contact avec le grand océan.

Après une courte escale de quelques heures dans les îles près de Mount Désert dans le Maine, nous entrons dans le petit port de Bar Harbor. Il fait gris, il pleut, il fait froid, nous sommes par plus de 44° nord …. La latitude de Biscarosse en France. Nous sommes arrivés au petit matin du 11 juin, après deux mouillages parmi les cailloux autour de Mount Désert, où nous étions à la recherche de moules. Lors de notre premier passage en 91, nous avions découvert un « banc » de moules sur la plage. Nous les avions ramassées au seau, et ensuite dégustées avec bonheur, et à toutes les sauces. Mais aujourd’hui : rien. Nous apprendrons que maintenant elles sont toxiques…. Empoisonnées par la pollution !

            Bar Harbor est un petit port de pêche. Peu de bateau de plaisance car ils  préfèrent s’entasser à Northeast Harbor ou Southeast Harbor, lieux nettement plus classes. Par contre, beaucoup de touristes « terrestres » qui sont attirés par les promenades en mer à la recherche des baleines, nombreuses ici au large. La ville est charmante, beaucoup de boutiques touristiques mais une ambiance sympa, des petits bars chaleureux, et pour nous en escale, tout l’approvisionnement à une « walking distance ». Il y a un cyber café, tenu par un Brésilien…. Il est désolé pour la France… le foot… l’élimination…. Tout ça dit avec un grand sourire…

            Mount Désert : L’une des plus grandes îles sur la côte est des Etats Unis. Premier parc national des USA, Acadia National Parc attire énormément de touristes. A pied, en vélo ou en voiture, l’île peut-être parcourue en tout sens pour le plus grand bonheur des yeux.  En bateau beaucoup de mouillages très sympas, mais attention au brouillard, très présent au printemps. Il vaut mieux être bien équipé. Mais le plus pénible ce sont les casiers de homard. Il y en a partout, au mépris même des règles américaines de navigation. Des centaines de bouées de casier à fleur d’eau, mouillées dans des fonds jusqu’à 80 métres, dans les entrées de port, dans les chenaux balisés, partout ! Autant vous dire que nous sommes vigilants. Plusieurs fois nous avons arrêté le moteur au dernier moment, en passant sur une bouée que nous n’avions pas vue…. Si le bout se prend autour de l’hélice, comme je n’ai pas de coupe orin sur l’arbre, il faudrait plonger pour le désentortiller, dans de l’eau à 8 degrés…. No comment !           

            Un nouveau front froid se pointe à l’horizon. Le vent d’est qui se lève rend le mouillage devant  Bar Harbor bien inconfortable. Nous décidons de nous retrancher derrière une langue de sable qui protège un petit bassin ou nous apercevons quelques barques de pêcheurs. Nous mouillons dans 4 mètres d’eau, c’est suffisant pour le marnage. Le problème aux USA, c’est de descendre à terre. Hormis les rampes d’accès pour bateau sur remorque, il n’y a guère de possibilité. Le summum ayant été atteint dans une marina en Floride où l’on nous réclamait 10 dollars de l’heure pour laisser le dinghy ! Sur la rive j’aperçois un quai, auquel est amarrée une vedette. Je m’y rends pour demander l’autorisation d’y laisser mon annexe. J’apprends que nous sommes mouillés devant le College of the Atlantique, tourné plus particulièrement vers l’environnement et spécialement sur l’étude des baleines. Le directeur accepte immédiatement sans aucune restriction de nous laisser accéder au ponton. Mieux Andrew Peterson, le capitaine de la vedette  du collège nous permet de prendre une bouée de mouillage, de venir au quai faire de l’eau, et de consulter nos courriels* dans son bureau… Elle est pas belle la vie ? (Au Québec, ils disent courriel pour courrier électronique, je trouve ça sympa, aussi j’ai décidé de l’adopter) Le soir en rentrant de mission, il viendra à couple de Mérovée parler voyages et baleines autour d’un bon rhum arrangé Réunionnais.  Un matin il emmènera Tanguy avec lui pour une mission d’observation. I           

            Nos aventures à Bar Harbor ne seraient pas complètes si je ne vous parlais pas de nos amis Québécois qui sont venus de Montréal nous rendre visite. Michèle et Claude nous avaient donné rendez-vous ici. Rencontrés il y a plus de 10 ans lors de notre passage à Montréal, nous avions toujours gardé contact.

            Ils sont arrivés avec leur gentillesse, leur accent qu’on adore et tout plein de produits du Québec. En principal, les produits de l’érable, le sirop, mais aussi le beurre d’érable et la tire qui est en fait un sirop très pâteux hyper concentré, un régal ! Egalement des fromages du Québec, production récente et de qualité, et puis plein d’autres choses délicieuses. Cela tombait bien, car la météo était propice aux longs arrêts à table, on a placoté tant et plus; dix ans, ça en fait des choses à raconter… Nous avons quand même trouvé le temps et le beau temps pour aller faire deux superbes randonnées dans le parc.

            Mercredi 19 juin, nous quittons les USA pour Halifax en Nouvelle Ecosse.

Mérovée aux U.S.A.  il y a 12 ans.